Chili 2018
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21 novembre : Il est impossible d'aller plus loin que Villa O'Higgins, c'est ici le terminal de la Carretera Austral. Une seule possibilité : refaire le chemin inverse, remonter sur Puerto Montt soit pour prendre l'avion si on veut aller au sud en Terre de Feu soit emprunter la route navale en voyageant sur l'Evangelista un gros ferry qui dessert Puerto Natales et assure le ravitaillement des villes du sud.

La première étape va être de rejoindre Cochrane une petite ville sans charme particulier de 3000 habitants mais c'est la plus grande ville de la région d'Aysén et il est possible d'y faire quelques courses et le plein de carburant. La ville a été fondée en 1930 et la première école ouverte en 1953 seulement, c'est dire l'isolement de ces régions. Aujourd'hui il y a aussi un supermarché sur la place centrale, une banque, un hôpital et un musée Museo Regional. Vie paisible garantie dans cette petite ville engoncée dans une cuvette entourée de hautes montagnes aux sommets enneigés.

22 novembre : Chile Chico une bourgade avenante située sur la rive sud du Lac General Carrera, à quelques kilomètres de la frontière argentine de Los Antiguas. Le climat ici est plus sec que sur la côte, les sommets andins bloquent la progression des nuages et il y pleut 10 fois moins ce qui a permis de développer une petite agriculture diversifiée avec culture de cerises, pastèques, pêches et un peu de maraîchage. Pour rejoindre Chile Chico quitter la Carretera Austral et emprunter une route de tous les dangers : si étroite en certains endroits que l'on se demande si le véhicule va pouvoir passer, virages serrés en épingles à cheveux et sans visibilité, recouverte de gravier, à-pics vertigineux dominant le lac, sans glissière de sécurité. Rouler doucement pour être certain d'arriver à Chile Chico en entier. En compensation la vue est certes vertigineuse mais magnifique.

L'hôtel en bordure du lac est simple mais correct

  

24 novembre : Puerto Cisnes du nom du fleuve à l'embouchure duquel la ville est construite. 4300 mm de précipitation annuelle, un des endroits les plus humides de la planète. Malgré tout les environs sont propices aux promenades. Un port de pêche actif et une offre de cabotage grâce aux pêcheurs pour quelques pesos. Une étape emprunte de calme et de tranquillité, mais humide.

23 novembre : Le lendemain direction les bureaux de la compagnie du ferry, c'est ici qu'embarquent voitures camions et passagers pour Puerto Ingenerio Ibanez de l'autre côté du lac, deux heures trente de traversée ventée et froide. Il n'est pas rare que les traversées soient interrompues pour cause de vent violent. Pour embarquer c'est un peu folklorique, au guichet la réponse donnée par l'employée est qu'à priori il n'y a pas de place sur le ferry et donc il faut attendre pour savoir si des passagers vont se désister. Brusquement, alors que nous attendions sagement, tous les voyageurs en attente d'un passage partirent en courant ou moteur ronflant vers l'embarcadère. En fait c'est au premier arrivé de monter à bord du ferry. Mieux vaut être réactif car sinon il faudra attendre un jour de plus pour embarquer et vraisemblablement avec un scénario identique. Après avoir débarqué direction Puerto Cisnes.

25 novembre : Puyuhuapi  petite ville installée au fond du fjord Puyuhuapi, une petite activité de pêche permet aux villageois de survivre avec l'explotation du bois. Une excellente base pour visiter le parc national Queulat de 155 000 ha. Dans ce parc la forêt est parfois impénétrable et encore en partie inexplorée mais 3 sentiers permettent de visiter pour partie ce parc avec en particulier la vue sur la chute d'eau tombant du Ventisquero Colgante (le glacier suspendue). Dans cette forêt essaie de survivre le plus petit cervidé au monde le pudu, se rencontrent aussi de nombreuses espèces d'oiseaux : huairavo, héron cuca, avurtada tête grise, caiquén, coipu mais toutes ces bestioles sont très difficiles à observer.

La route de Puyuhuapi à La Junta offre de magnifiques paysages. La Junta fondée dans les années 1950 par des colons arrivés en barques depuis la mer, ce n'est qu'avec le passage de la Carretera Austral que le lieu s'est vraiment urbanisé et compte maintenant environ 1000 habitants. La route serpente entre lagunes et forêts et mène au Lago Verde poste frontière avec l'Argentine

26 novembre : Retour à Chaitén pour 2 journées avec comme objectif de grimper au sommet du volcan Chaitén. Considéré comme éteint, la dernière éruption connue remonterait à 7400 av JC. Le volcan pourtant entre en éruption le 2 mai 2008 après un rapide épisode sismique intense, il émet un panache volcanique qui monte à plus de 20 kilomètres d'altitude. Le gouvernement chilien procède à l'évacuation d'une partie des habitants dans un rayon de 30 km, l'aéroport de Buenos Aires en Argentine est même fermé. Le 6 mai devant l'intensité de l'éruption la totalité de la population est évacuée soit environ 5000 habitants. Des nuées ardentes dévalent les pentes du volcan, brûlent tout sur leur passage, en particulier la forêt. Le panache volcanique atteint l'altitude de 30 km.  La ville de Chaitén est recouverte d'une couche de cendre de plus de 1à 4 mètres par endroit, les maisons sont ensevelies sous les cendres et à 65 km du centre de l'éruption on retrouve encore jusqu'à 30 centimètres de cendre. Le 26 mai l'éruption se calme enfin , le panache volcanique ne s'élève plus qu'à 3/5 km en altitude.Un nouveau sommet apparaît avec naissance d'un cratère qui se remplit d'eau progressivement. De nos jours de nombreux panaches continuent de s'échapper des flancs du volcan parsemé de troncs calcinés, l'activité sismique est redevenue calme.             Ascension rude vers le sommet à 1122 mètres (mais le sommet depuis l'éruption est plus haut), la déclivité est forte. Une escalade sur des flancs pentus, recouverts d'arbustes renaissants qui depuis une dizaine d'années redonnent un peu de couleur verte à un espace gris et terne, des troncs d'arbres dénudés, fûts fantômatiques morts dressés vers le ciel, implorants. Tout au sommet,où les derniers mètres se grimpent avec une pente quasi verticale par endroit, apparaît un cratère divisé en deux petits lacs, le premier de couleur bleu, le second  de couleur verte, lacs entourés de fumerolles persistantes. Du sommet une vue imprenable sur la baie du Corcovado.             La vie malgré tout dix plus tard a repris, si le gouvernement a crée une nouvelle ville, les habitants pour une grande partie ont décidé de retourner à leurs anciennes maisons et déblayer une grande partie des cendres, devant l'insistance de la population à rejoindre ses anciens quartiers le gouvernement chilien a fini par réouvrir les circuits d'eau et rétablir l'électricité.             La ville en elle-même a peu d'intérêt, simple  escale à l'arrivée du ferry en provenance de Purto Montt, elle est le véritable point de départ de la Careterra Austral. C'est aussi la porte pour l'entrée du magnifique parc Pumalin, parc privé le plus grand du pays et l'un des plus vastes du monde, à visiter. Une forêt humide exubérante humide, des montagnes, des glaciers, des cascades. 70 espèces d'oiseaux. Malheureusement hors des limites du parc les entreprises forestières saccagent sauvagement la forêt et les fermes aquacoles polluent allègrement les côtes et le milieu marin.





  

28 novembre :  En partant de Chaitén un ferry, souvent complet oblige parfois à prolonger l'escale et attendre le suivant, navigue sur un des nombreux bras des canaux où l'environnement est superbe, impressionnant. Le vent parfois est si tempétueux que le refuge qu'offre la cabine est le bienvenu. Hornopirén, petit bourg poussiéreux reposant et accueillant de 2500 habitants, dans un écrin de verdure entouré de hautes montagnes aux sommets enneigés, est vraiment paisible. Très peu de tourisme et c'est bien dommage car la diversité des paysages et de la nature, en particulier les cygnes à cou noir, cormorans et autres oiseaux marins , en fait un lieu surprenant et séduisant. La cabane que nous avons trouvé est charmante avec des troncs d'arbres pour soutenir le plancher de l'étage et l'escalier mais tout le confort est présent même si les canapés sont usés et avachis, le poêle lui est en parfait état et il ne lui faut guère de temps pour se mettre à ronfler et diffuser une douce chaleur dans l'habitation.

30 novembre : retour à Puerto Montt en longeant la côte où nous croiserons nombre de bateaux de pêche et surgit de nulle part, entre la route et la côte, un petit chantier artisanal de bateaux de pêche fabriqués à l'ancienne, malheureusement à notre passage le chantier, ouvert à tous les vents, était désert,. Le long du rivage sablonneux tortueux, parfois au détour d'un virage, surgit un petit groupe de masures de pêcheurs probablement en mer car les lieux semblent abandonnés. Par contre les courlis et les urubu à tête noir  très nombreux se partagent les lieux, le vent toujours présent et intense fait planer et tournoyer  les urubus en groupes avec grâce alors que leur physique est plutôt ingrat.

            Nous arriverons à Hualaihue, simple embarcadère, en fin de journée et le temps de prendre un bac nous voilà de retour à l'hôtel du début de notre périple de la Careterra Austral.

            Cette route nous faisait rêver depuis des années. C'est fait, le voyage par la route australe est achevé, la fin du rêve aussi. De belles rencontres tant animalières que paysagères mais aussi humaines ont croisés, émaillés, enrichis ce voyage.

  

1er décembre : Une journée radieuse. Que faire en attendant l'embarquement ce soir sur l'Evangelista le ferry dont la destination finale est Puerto Natales au fin fond des canaux de Patagonie et sur lequel nous avons réservé des cabines. Profitons de cette belle journée d'été sans pluie pour quitter Puerto Montt, toujours aussi accueillant, pour la région des lacs qui a un faux air de Suisse, une région couverte de prairies, de forêts, de lacs et de volcans. Retour 20 km au nord à la charmante petite ville balnéaire de Puerto Varas (25 000 habitants) amarrée au lac Lago Llanquihue et au pied des volcans Osorno et Calbuco dont les sommets enneigés ce matin-là réverbèrent la douce lumière de cette matinée d'été. Depuis le sommet du volcan la vue est imprenable sur les hautes chaînes montagneuses et sur la vallée centrale malgré une brume de beau temps qui estompe l'enchevêtrement  des hauts pics blanchis par la neige sur l'horizon. Au milieu de l'après-midi il est temps de quitter cette fausse Suisse pour retourner au port de Puerto Montt préparer le prochain périple qui devrait nous faire pénétrer dans le monde des romans de Francisco Coloane le natif de l'île de Chiloé celui qui a si bien raconté la Patagonie chilienne.

            2 décembre : Pour se rendre dans le grand sud en Patagonie chilienne et plus particulièrement en Terre de Feu il n'y a que deux solutions emprunter soit une voie aérienne soit une voie maritime. L'interpénétration de la mer et des montagnes de la fin de la cordillère des Andes est telle qu'aucune route n'a pu encore être construite. Les fjords y sont profonds, les montagnes verticales démesurées, les forêts denses et impénétrables, les glaciers immenses. Tout ici est extrême le vent tempétueux, la pluie interminable,les steppes immenses. "Quel cataclysme inconnu a ainsi pulvérisé cet immense promontoire jeté entre deux océans?" s'interrogeait  Jules Verne. Si cette région longtemps oubliée de tout sauf des éleveurs qui se partageaient ce territoire aux dépends des premiers occupants (Alacaloufes, Yaghans, Onasmais) depuis la fin du XIX ème siècle, la découverte en 1945 de pétrole en plein détroit de Magellan va rompre cet isolement, la découverte de gaz va accélérer le doublement de la population entre 1970 et 1982, en 1980 sur les bords du canal Otway est découvert le plus grand gisement de charbon de la planète exploité à ciel ouvert. L'exploitation des forêts et la transformation du bois en cellule, la pêche industrielle et les industries de conserverie, l'usine de méthanol avec sa production de 800 000 tonnes par an, tout ceci a un impact majeur sur la nature, celle-ci paie un très lourd tribu à toutes ces activités humaines. Quasi disparition des fruits de mer, crustacés et autres mollusques, des poissons, la mer devient ainsi un grand désert. La chasse au animaux est acharnée même si de nombreuses espèces sont protégées et leur chasse interdite, la survie de nombreuses espèces comme la loutre, l'otarie, l'éléphant marin n'est pas assurée. La forêt, exploitée de façon éhontée, s'amenuise. Est-il trop tard pour essayer de réguler toutes ces activités et essayer de garder la Patagonie dans sa beauté originelle?

Le voyage à bord de l'Evangelista va durer 4 jours et 3 nuits de Puerto Montt à Puerto Natales. Ce bateau est un vrai ferry, il ravitaille sur le trajet le village isolé de Puero Eden et pourvoit aux approvisionnements du grand sud. Des passagers payants sont acceptés à bord dans un confort correct. Une quarantaine de personnes embarqueront en même temps que nous. Le départ est différé car il y a un problème soit de chargement des marchandises et véhicules, soit un incident technique. Nous resterons dans l'ignorance des raisons de ce retard, pour finir par monter à bord au milieu de la nuit. Une fois à bord une cabine décorée vieille marine pour 4 passagers nous est attribuée, ce qui nous laissera deux couchettes libres pour y ranger notre barda en plus du petit volume des équipets. Pour ne pas rater le départ nullement question d'aller essayer les couchettes. Au petit matin nous observons quelques mouvements sur le plan d'eau, les lamaneurs commencent à s'activer. Une première aussière est libérée d'un duc d'albe. Nous ne sommes que tous les deux sur le pont arrière à assister au largage des amarres. Les lamaneurs continuent leur ballet à bord de leur petit bateau motorisé et libèrent toutes les amarres les unes après les autres et vont même déranger un jeune phoque  installé sur une des bouées qui plonge importuné dans son repos. L'équipage hisse les amarres à bord et récupère les pommes de touline. L'énorme cabestan remonte la chaîne puis l'ancre dans un éouvantable bruit de ferraille et de grincements. Les hélices battent un peu plus rapidement, de l'échappement monte une fumée noirâtre et puante, l'Evangelista se met à vibrer, s'ébranle doucement, Puerto Montt  petit à petit s'efface sur l'horizon noyé dans la bruine matinale. Le grand sud, le bout du monde est devant l'étrave.

2, 3, 4 et 5 décembre : La route maritime conduit de Puerto Montt à Puerto Natales en quelques jours vers le sud de la Patagonie. Le coeur de la région se situe dans les états du sud : Magallanes (Magellan), Ultima Esperanza (dernier Espoir), Tierra del Fuego (Terre de Feu), c'est la fin du continent américain avant qu'il ne se dissolve dans les cinquantièmes hurlants.

            Au départ le ferry navigue dans des eaux relativement calmes entre l'île de Chiloé et le continent avant de croiser une ouverture sur le Pacifique, au sud de l'île, le golfe de Corcovado où la grande houle du Pacifique fait rouler doucement le navire. Puis l'étrave plonge entre l'Archipel de Las Guatecas et la terre ferme, la mer redevient plus calme. Puis les canaux se resserrent de plus en plus au point parfois d'avoir l'impression de pouvoir toucher les parois des montagnes et cette impression est encore plus forte au moment où la route part plein ouest pour contourner le nord de la Péninsule de Taitao et rejoindre l'Océan Pacifique. Il est impossible de continuer dans les canaux car il n'existe plus de passage dans ces hautes montagnes devenues infranchissables, le navire doit regagner la haute mer pour descendre dans le sud. La péninsule contournée le navire se retrouve donc en haute mer et affronte la grande houle du Pacifique, une mer et un vent souvent agités si ce n'est tumulteux. Au sud de la Peninsula Tres Montes la route continue au Sud-Est pour la grande traversée du Golfo de Penas qui n'a nullement usurpé sa réputation celui d'être un des pires endroits au monde pour la navigation. A notre passage nous aurons la chance, confirmée par le capitaine de l'Evangelista, de profiter d'un temps calme ensoleillé et d'une petite houle maigrichonne de seulement 2 m.

            A la sortie du Golfo de Penas le navire plonge dans un entrelacs, véritable labyrinthe, de chenaux aux hautes parois rocheuses couvertes d'une dense végétation, chenaux de plus en plus étroits, tortueux, parcourus de courants violents. Sur les pentes boisées les cascades n'en finissent plus de ruisseler et se perdre aux pieds des arbres. La nature ici est encore authentiquement sauvage, et cela jusqu'à la destination finale PuertoNatales au coeur du Seno Ultima Eperanza. A l'arrivée on peut imaginer ce que les premiers explorateurs ont du vivre à la découverte de cette terre rebutante, difficile, plus que souvent angoissante et menaçante.

            

Au cours du voyage vous pouvez avoir la chance de bénéficier d'un temps relativement clément et ainsi de profiter pleinement du paysage, des oiseaux marins qui tournoient autour du bateau, en particulier albatros à sourcils noirs, pétrels géants, d'observer tout là-haut dans le ciel, aux sommets des montagnes, le vol majestueux des condors. D'admirer des dauphins jouer à l'étrave ou à la poupe, de scruter la surface de l'eau à la recherche d'un souffle de baleine.

            Il y aura forcément un ou deux jours de pluie et de vent plus ou moins intenses car la Patagonie reste la Patagonie., Si vous ne voulez pas affronter les éléments plus ou moins déchaînés depuis les grands ponts du bateau d'où vous avez admiré les glaciers, la lumière surnaturelle d'un coucher ou d'un lever de soleil, il vous restera la possibilité de vous réfugier dans votre cabine ou de profiter de l'espace bar ou de l'aire de restauration pour deviner les paysages à travers les grands hublots embués devant une boisson chaude et à tenir la tasse à deux mains pour qu'elle ne tombe pas. Si le temps est exécrable le bateau tanguera et roulera plus ou moins brutalement, le paysage s'estompera, voire disparaîtra derrière un voile de pluie dense et de brouillard : le mal de mer n'est plus très loin, un état nauséeux s'installe, alors seul le calme douillet de votre cabine vous permettra d'attendre l'accalmie avec sérénité.

            Une seule escale au cours du voyage. Le ferry jette l'ancre pour quelques heures seulement à Puerto Eden un minuscule bourg où survit une petite colonie des derniers indiens Alacaloufes. Nous n'aurons pas la possibilité de descendre à terre. Seuls débarqueront quelques scientifiques et des petits bateaux viendront prendre livraison de diverses marchandises indispensables à la communauté.

            Le temps lors de notre traversée fut loin d'être difficile et même plutôt clément. Nous avons voulu  profiter au maximum du voyage. Généralement le matin et le soir, fréquemment en journée aussi, nous étions seuls à la passerelle à ne rien perdre du spectacle de cette nature où la montagne rejoint la mer à chaque instant, où le vent courbe les arbres, où les névés brillent au soleil couchant ou levant, où les cascades se perdent dans un manteau de verdure, où les oiseaux planent sans répit à tutoyer la surface de l'eau de leurs ailes.