Le passage du Nord-Ouest
Durant 300 ans des expéditions explorérent ces terres inhospitalières du grand Nord à la recherche d'une voie commerciale pour, de l'Atlantique, rejoindre le Pacifique. Martin Frobisher (1576) puis John Davis (1585) signalent l'obstacle que représente la Terre de Baffin tout en découvrant au Nord et au Sud de cette île des passages obstrués par des glaces en direction de l'ouest. L'exploration au début du XVII siècle ne retrouve aucun passage vers l'ouest.
En 1819 Edward Parry explore le passage au nord de l'île de Baffin et à l'ouest du détroit de Lancaster vers l'île Melville mais il signale que même en août la glace y est si dense qu'elle obstrue les passages possibles
En 1829 John Ross ne trouve pas l'entrée du chenal Bellot et pense que le prolongement de la péninsule de Booth empêche tout passage.
Sir John Franklin constate la possibilité de naviguer sans glace pendant une période de un à deux mois (août et septembre), il dresse le profil des côtes de la plupart des îles arctiques même si il ne trouve aucun passage.
Robert MacClure pour sa part fait le premier, en 1853-1854, le trajet d'Ouest en Est par la terre en grande partie en traîneau.
Le passage du Nord-Ouest fut franchi pour la première fois par Roald Amundsen et son équipage à bord du Gjoa (70 pieds et 47 tonnes). Départ de Christiania (futur Oslo) le 16 juin 1903. La route passe par la mer de Baffin, le détroit de Lancaster puis emprunte le détroit de Peel. Enfin il s'engage dans le détroit de Ross puis celui de Rae. Sur la côte Sud de l'île du Roi-Guillaume Roald Amundsen décide d'ancrer son voilier (12 septembre 1903) et il y restera deux ans poursuivant des expériences sur le pôle nord magnétique et la localisation de celui-ci. Cette baie prendra le nom de Gjoa Haven. Il profitera de son séjour pour perfectionner ses connaissances sur les techniques Inuits et parfaire son apprentissage de la langue. L'ancre ne sera relevée que le 13 août 1905. Mais les conditions de navigation sont si difficiles qu'Amundsen décide de jeter l'ancre à King Point où des baleiniers sont à l'ancre. Le 16 juillet 1906 appareillage du Gjoa mais Amundsen doit reporter son départ les conditions de glace sont exécrables. Nouvel appareillage le 9 août, la progression est lente, le mauvais temps et les hauts-fonds obligent à de nombreux arrêts. Le 30 Août le cap Prince of Walles apparaît à l'horizon il continue la route jusqu'à Nome en Alaska.
En 1977 Willy de Roos sur Williway un ketch de 13 m en acier (plan Van de Wiele) empruntera en solitaire la même route que Amundsen. Puis de nombreux autres voiliers tenteront à leur tour l'aventure grandement facilitée par un recul de plus en plus marqué des glaces dans ce passage. La carte de la NOAA montre que le recul n'a jamais été aussi important que pour l'année 2012. Mais naviguer dans ces contrées reste difficile la météo est loin d'y être toujours clémente, la mer de Beaufort en présence de mauvais temps devient rapidement abrupte les fonds étant peu profonds et les abris le long de la côte rares.
Le Gjoa
Roald Amundsen
Naviguer dans l'Arctique Canadien
L'histoire de la traversée du passage du Nord-Ouest à la voile par certain de ses acteurs.
1977: Réal Bouvier et le J.E.Bernier II est le premier voilier canadien à passer dans l'archipel arctique canadien et croisera Willy de Roos sur son Williway.
Un aller et retour par le passage du Nord-Ouest.
Le premier voilier à emprunter le détroit de McClure en 2012.
De l'Irlande à Vancouver par le passage du Nord-Ouest.
Pour un embarquement vers le grand nord ou le grand sud.
Le premier voilier suisse à emprunter le passage du Nord-Ouest après une navigation au Spitzberg et en Mer Blanche.
Comment naviguer dans le fameux passage du Nord-Ouest avec un voilier muni d'une voile de jonque lorsque l'on est Australien?
Un trimaran de 10 m autour du Pôle Nord.
Michelle Demai accompagnée de sa fille Sabrina pour le passage avec un hivernage.
De Januz Kurbiel à Eric Brossier un voilier qui passe sa vie dans les hautes latitudes
Préparation à la naviguation
La navigation est conditionnée dans cette région par le devenir du manteau glaciaire dont la mer ne se débarrasse que tardivement, sous ces latitudes, au cours d'un été bref. Si le choix du trajet en lui--même est bien établi, la planification du passage dans le temps est très dépendant de l'état des glaces, état qui varie d'une année sur l'autre avec suffisament de variations pour que ce qui était vrai l'année précédente ne le soit plus l'année suivante. Il demeure bien sûr un ordre de grandeur sur la disparition saisonnière des glaces ce qui permet d'élaborer et dégrossir un premier plan de passage.
L'approche peut se faire par l'Est en abordant le détroit du Labrador ou par l'Ouest en empruntant le détroit de Béring.
En escale à Saint-Pierre et Miquelon nous n'aborderons que l'approche depuis SPM/Terre-Neuve, soit la même que si l'on arrive des US ou de la côte Est du Canada voire depuis les Caraïbes via les Bermudes. Deux départs possibles soit passer à l'est de Terre-Neuve pour longer la côte Est et rejoindre la péninsule d'Avalon, la glace y est absente dès les mois de mars/avril mais des icebergs sont présents jusqu'à la mi-juin avec un maximum au mois de mai, soit emprunter la route plus directe par le détroit de Belle Isle mais il reste malheureusement encombré de glace et d'icebergs jusqu'à début juin facilement.
A la pointe nord de Terre-Neuve l'Anse aux Meadows offre un très bon abri (premier lieu de peuplement scandinave en Amérique du Nord 500 ans avant que Christophe Colomb ne débarque aux Caraïbes) avant de rallier, après avoir dépassé le détroit de Belle-Isle, Battle Harbour qui fut au 17 ème siècle le premier grand port de pêche du Labrador. Aujourd'hui devenu musée la ville offre peu de facilités mais une bonne escale.
Tous ces lieux ne proposent que peu de possibilités d'approvisionement et l'avitaillement devra être prévu au plus tard à Saint John's où se trouve toutes facilités pour remplir les cales en prévision de cette longue navigation d'au moins trois mois.
Puis direction le Groenland.
Diesel
Diesel is available at the following places:
Pond Inlet - fill jerry cans and transport by dinghy from beach (good weather only)
Resolute - fill jerry cans and transport by dinghy from beach
Gjoa Haven - anchorage - refuel by jerry can (approximately 750 miles from Pond Inlet)
Cambridge Bay - alongside refueling (approximately 260 miles from Gjoa Haven)
Tuktoyaktuk - fill jerry cans and transport by dinghy (approximately 675 miles from Cambridge Bay)
Barrow - open roadstead. May not be possible to stop in bad weather (approximately 500 miles from Tuktoyaktuk)
Nome - alongside berth for main fuel tanks. No jerry cans allowed for environmental reasons (approximately 600 miles from Barrow)